La Rivière de Bordeaux ou " jh'irons deux"

gironde.jpg (85540 octets) Longtemps considéré comme la seule embouchure de la Garonne, l'estuaire de la Gironde que se partagent Charentais et Girondins, est appelé par les deux communautés, "La Rivière".

Que les Charentais se le disent, l'estuaire de la Gironde est le plus grand d'Europe. Eh, p't-eite bin que jhe zou avons su commente Gueurnut en plongeant dans une carte pour se rafraichir le calâ ! Evidemment, poursuivrait il, anvec thiéllée Garonne de 575 km qui descend des Pyrénées et thiéllée Dordogne de 472 km qui vint dau Massif central. o fait groû d'eau qui déboule vers l' Atlantique ! Les chiffres sont même impressionnants. La Garonne( mais étout pas au Pic d' Aneto en Espagne qu'o prend sa source?) draine un bassin de 57 000 km . La Dordogne (eh, jhe creye bin de souvenance qu o démarre au Sancy du Puy de D6me !) fait état. quant à elle, d'un bassin de 24 000 km2 Et c'est au Bec d' Ambes que les deux rivières se rejoignent. Cas unique en France, il n'existe aucun autre site où deux fleuves se jettent d' un minme cot au minme endret. Là, le débit se compte en 969 m3 par seconde dont 65% d'eau apportée par la Garonne et 35% par la Dordogne Mais o l'é ine moyenne, o dépend des sécheresses. des crues, des marées, de l'arrosage dau garouil (maïs). Enfin. d'un tas de critères à donner à Gueurnut des sueurs froides. à l'idée qu'on aurait pu lui demander de zou calculer peur son certificat d'études, en prenant otout en compte... l'évaporation !

Où commence l'estuaire, où se termine-t-il ? Sur le sujet. les avis divergent selon que l'on habite dans le Haut de l'estuaire, c'est-à dire en  bas de la carte (vers Bordeaux) ou en Bas estuaire, c'est-à dire en haut de la Gironde Car ainsi va l'orientation. Si l'on descend au sud, on remonte vers Bordeaux. si on remonte au nord, on descend vers Royan Ici, le sens des trajets se fait de l'aval vers l'amont.

Du c6té de Marennes on fait démarrer la Gironde à Bonne Anse, cet appendice de sable, juste en dessous du phare de la Coubre que les Charentais appellent "la Courbe", vu qu'o yat là, un coude ! Et l'on y intègre les villages de la Palmyre à Pontaillac qui, pourtant. se revendiquent de la Grande c6te. En Pays Gabaye. on le prolonge jusqu'à Libourne, où l'on voit encore le mascaret et où l'on se souvient qu'autrefois, la navigation maritime devait se modifier pour devenir fluviale Dans thiéllée affeire, on compte 167 km .. Plus pragmatique, le Conservatoire de protection de l'estuaire de la Gironde. implanté à Blaye. fait état de 75 km Là, on démarre du Bec d' Ambes, pointe de terre entre les deux "meis" de Bordeaux et de Dordogne qui a donné à la région le châffre"Entre Deux Mers" et l'on s'estope à Royan inclus. Eh, o l'é pas ce qui fait le mé de piaisit aux Royannai,. ponctue notre Gueurnut, en rappel d'un grand débat qui a longtemps agité notre côte. Le Cemagref (Centre d'études du machinisme agricole. du génie rural. des eaux et des forêts). quant à lui, démarre l;estuaire à la pointe de Suzac (en dessous de Royan) et le mène jusqu'à Casseuil sur la Garonne et Castillon-la-Bataille sur la Dordogne. où cesse l'influence des marées.

Car voilà bien le particularisme de l'endroit : impossible d'y entendre la même voix C'est que la Rivière est patrimoine de trois communautés : une rive gauche du Médoc où l'on vit au rythme des châteaux viticoles (où o yat le Rotschild), une rive droite saintongeaise davantage tournée vers les Maisons du Cognac (o vaut meû pas citer de noms, o vat encouère fazir des histoères), elle- même scindée entre Charentais et Gabayes qui balancent entre leur patrie de coeur et leur patrie administrative, et qui ont fait leur "trou" avec les Côtes de Blaye.

L'estuaire est longtemps resté la passion de quelques érudits locaux et d'étudiants qui lui ont consacré leur thèse et si, aujourd'hui. on lui trouve quelque intérêt, les nouveaux intervenants sont condamnés à travailler avec deux départements et deux régions, sous l'oeil vigilant du grand manitou qu'est le Port autonome de Bordeaux "Difficile dans ces conditions d'en avoir la même vision" explique Daniel Binaud, président du Conservatoire de l'estuaire, créé en 1987 dans le but d'éveiller "un sentiment d'appartenance à un même bassin de vie".
On ne sait d'ailleurs même plus pourquoi on l'appelle "Gironde" Un historien Camille Jullian, avance que l'origine en serait le mot gaulois "écoranda"qui veut dire "frontière" frontière entre Saintes et Bordeaux, frontière entre les diocèses A moins que cela ne vienne du village de Gironde-sur Dropt. où l'on dit que le courant gire (tourne) .

Claude Masse (1652 1737), ingénieur-géographe de Louis XIV, nous révèle, quant à lui, que c'est "le vulgaire" qui appelait la rivière de Garonne . "Gironde". Une appellation populaire que les bourgeois de Bordeaux auraient emporté à Paris pour se distinguer sous le nom de "Girondins" et ramené ensuite pour désigner leur département en 1790. La tradition orale du petit peuple. c'est Robert Pujo de Berson (33) qui. l'ayant toujours entendue des anciens. nous la rapporte Il y a très longtemps, quand Garonne et Dordogne se rencontrèrent pour la première fois elles s'interpellèrent et Gueurnut se félicite qu'a l'aube des temps. le parler international, o l'était le saintongeais ! "Où vas tu donc ainsi d'manda la Dordogne, embrassant la Garonne ? Moi, he vas à la mer et toi dis me in peu ? Moi jhe m'y rends otout ! Eh bin, dirent-elles. asteur Jh'irons deux ! Un "Jh'irons deux"charentais (nous irons ensemble), devenu Gironde, qui s'est imposé définitivement sur les cartes au XIXe siècle !

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