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La
rive droite de l’estuaire de la Gironde
La
rive droite de la Gironde offre des paysages dont le contraste est étonnant
pour qui vient de la rive gauche
En effet on quitte
en rive gauche une terre basse faiblement émergée qui
s’étire entre océan et estuaire, formant le Médoc
Aquitain ; entre plages, dunes et marais côtiers ou intérieurs
s’étend le vignoble (Margaux, Pauillac, St Estèphe,
St Julien, Médoc, Haut Médoc…) sur les faibles ondulations
des croupes alluviales, laissant ailleurs des paysages de landes maritimes
où domine le pin du même nom…
Arrivant en rive droite on découvre de hautes collines vertes
très vallonnées, avec de nombreuses cultures et vignes
(Blayais, Bourquais puis Pineau, Cognac…), se terminant abruptement
sur l’estuaire, souvent par des falaises ; par endroits de grandes
zones de marais s’étendent en contrebas de cette ligne
de falaises, les éloignant là loin du bord de l’estuaire…Cette
rive est Aquitaine au sud puis Charentaise à partir de Vitrezay.
Pour comprendre
ce contraste il faut savoir que l’estuaire s’est formé
au cours des temps à l’endroit où le soubassement
calcaire (Crétacé - 150 millions d’années)
s’est froissé puis rompu quand Alpes et Pyrénées
sont apparues (Eocène - 65 millions d’années) :
toute la partie à l’ouest (la rive gauche) s‘est
effondrée, recouverte par l’océan, laissant émergés
à l’est (la rive droite) des plateaux calcaires abrupts
bordés de falaises ; ensuite les énormes avancées
ou retraits de l’océan (jusqu’à 100 km avec
plus de 100m de variation de hauteur) et les dépôts successifs
ou érosions d’alluvions, terres argileuses, dépôts
fluviatiles ou calcaires marins n’ont pas effacé ce contraste
et ont conduit aux paysages d’aujourd’hui .
Cette rive droite,
au contraire de la rive gauche Médocaine à la situation
de presqu’île lagunaire, a toujours été un
territoire de frontières et d’influences, entre Guyenne,
Saintonge, Aunis, Bordeaux, La Rochelle, Saintes ; sa géologie
a été propice aux logements troglodytes, aux pierres de
bâtisseurs pour les bastides, fortifications, chapelles, ports….
mais aussi au vignoble (qui a existé et a été célébré
bien avant celui de la rive gauche) et à une certaine vie tournée
vers l’eau.
Là sont arrivées et se sont arrêtées, ont
combattu, ont voulu traverser l’estuaire, bien des troupes, des
mouvements, des idées, des migrations… ; ainsi entre autres
lors de la guerre de cent ans mais aussi lors des guerres de religion
où le foyer protestant de La Rochelle essaimera loin sur cette
rive.
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sur les zones de la carte

Sur cette rive droite
le parcours de Bourg à Royan, d’une cinquantaine de miles
nautiques par la voie des eaux, d’environ 120 km par la route,
et qui conduit du bec d’Ambès à l’ouverture
de l’estuaire sur l’océan, on distingue nettement
trois paysages différents :
- De
Bourg à Blaye les collines et falaises, plus ou moins hautes
et abruptes, bordent la rive droite ; sur ce parcours le navigateur
peut rarement voir la rive gauche, les îles (Cazeau, du Nord,
Verte, Pâté…) la lui masquant sur une grande longueur.
- A partir d’une dizaine
de kilomètres au nord de Blaye, après avoir longé
les dernières îles (Nouvelle, Bouchaud, Pâtiras),
celles ci les disparaissent , la ligne des collines rive droite recule
rapidement jusqu’à près de 10 kilomètres
du bord de l’eau, laissant la place aux marais de St Ciers, Braud-et-Saint-Louis
et Saint-Thomas-de-Conac, l’horizon maritime s’ouvre.
- Ce n’est qu'entre Mortagne
et Talmont, en charente Maritime, que ces marais disparaissent, ramenant
au bord des eaux de l’estuaire un troisième paysage, formé
de falaises calcaires « sèches » bordant les eaux
et creusées de « conches » au fond desquelles une
petite plage étale son sable ; paysage qui s’installe jusqu’à
Royan et au delà…
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