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Le site de Bourg


Port de Bourg

 


Le site de Blaye


Port de Blaye

 


Jaufré Rudel

 


Vauban

 


Duc de Saint Simon

 


Les vins de Blaye

 


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Les vins de Bourg

 


De Bourg à Blaye

 


Balade en photos ...

 


Le trésor de Tayac

 


Le site de Plassac

 

Les ports de

Roque de Thau 
et

Plassac


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De Bourg-sur-Gironde à Blaye

 

                                    Bourg-sur-Gironde, dont les habitants sont les Bourquais et le « pays » le Bourgeais, s'est appelée auparavant "sur-Garonne" et "sur-Mer".
Pourtant aujourd'hui, perchée sur ses roches calcaires, elle ne domine plus que la Dordogne et les plates étendues de la presqu'île d'Ambès ; en effet à partir du XVII ème siècle l'allongement alluvionnaire progressif du bec d'Ambès a repoussé la séparation des eaux vers l'ouest.
Mais de l'élévation toute proche du "Pain de sucre" et de celle de Tayac on a une une vue remarquable sur la Garonne, la Gironde et tout le proche médoc.
Cette situation de vigie en a fait de tous temps une place forte que déjà les Romains, utilisant la pierre locale, avaient dotée de remparts imprenables ; son importance pour Bordeaux fut attestée par son titre de « première filleule de Bordeaux ».
Ses quais et la cale de son port, au pied des remparts, furent longtemps le siège d'une forte activité commerciale, point de jonction entre Dordogne, Garonne et Gironde où se cotoyaient gabares et autres embarcations locales.

                                   Blaye se situe également sur une position privilégiée : une falaise dominant les eaux de l’estuaire d’une quarantaine de mètres de haut et protégeant un goulet abrité du vent où pénètre la marée haute, ceci à un endroit où l’estuaire rétrécit pour la première fois depuis son embouchure (3 km seulement de large ici) et où les marais, si présents en aval, disparaissent enfin…
Sur ce site les Romains et leurs successeurs vont développer et fortifier une cité qui sera place forte, verrou de l’estuaire vers Bordeaux ; servie par son emplacement, un bon port et une traversée d’estuaire moins longue et moins tourmentée que plus au nord, elle connaîtra un fort développement d’échanges commerciaux, de pêche, de point d’hôtellerie et de passage d’estuaire.

                                     Ces deux cités ont connu chacune un destin dont beaucoup de traits sont communs : points de traversée d’estuaire, places fortes, « verrous », « bornes frontière» entre langue d’oc et langue d’oil, bastions avancés de la Guyene Bordelaise, elles furent au cours des temps constamment convoitées, assaillies, prises, reprises, détruites … par les différents Barbares, Normands, seigneurs locaux ou régionaux et rois se disputant le pouvoir …

Ainsi, épisode parmi d’autres, c’est à Bourg, lors de la Fronde, période agitée durant la régence de Louis XIV, que fut signée fin septembre 1650 par Mazarin la « paix bordelaise » avec la Fronde locale ; et on y voit le 4 octobre le frondeur La Rochefoucault se rendre à la messe dans le carrosse de Mazarin, dire à ce dernier « Tout arrive en France », saluer le roi et mettre un genou en terre pour lui demander pardon.
Les jours suivants Louis XIV utilisera la voie nautique pour se rendre avec sa suite à Bordeaux.
Ce qui n’empêchera pas les frondeurs de se rebeller à nouveau ... et en juillet 1653, Bourg sur Gironde doit être assiégée et reprise par le comte d'Estrades, fidèle de Louis XIV.

Cependant l’histoire a davantage laissé de traces à Blaye.
Au-delà des destructions et reconstructions « habituelles » de ce genre de places fortes, de grands noms y ont laissé leur empreinte : Dagobert, dont le frère, roi d’Aquitaine y aurait été enterré, Charlemagne qui y avait installé son neveu Roland dont la tombe y fut longtemps objet de culte pour les pèlerins de Compostelle, Jaufré Rudel célèbre troubadour guerrier qui mourut à St Jean d’Acre …
Cette dynastie des Rudel, princes de Blaye du 10e au 14e siècles était bien sur vassale du duc d’aquitaine ; lorsque ce dernier est devenu roi d’Angleterre, Blaye a payé durement sa vassalité lors de la guerre de cent ans (fin 14e- début 15e siècles).
                                  Lors des guerrres de religion, Blaye, catholique loyaliste, s’opposa aux calvinistes qui y firent un massacre lorsqu'ils s'en emparèrent en 1568.
Au cours des guerres de la Ligue, Blaye est le théatre, en 1593, d’une bataille grandiose lors de son siège par le maréchal de Matignon : s’affrontent sur les eaux navires anglais, hollandais et bordelais du coté des royalistes huguenots, et vaisseaux espagnols soutenus par l’artillerie disposée sur la forteresse du côté des Ligueurs.
                                  Dans les grands noms de Blaye on trouve aussi les ducs de Saint Simon père et fils, ducs et gouverneurs de la place sous Louis XIII et Louis XIV … et bien sur, avec ce dernier, Vauban !
Vauban c’est évidemment ici les fortifications de la citadelle, toujours admirables à découvrir, mais c’est aussi la conception de l’ensemble défensif de l’estuaire constitué par la citadelle de Blaye en rive droite, le Fort Pâté sur l’île du même nom, et le Fort Médoc en rive gauche ; Vauban était particulièrement satisfait de cette réalisation censée verrouiller et protéger de manière décisive l’entrée et la sortie maritime de Bordeaux.
En fait il semble que son efficacité n’ait jamais été sérieusement testée ; les effets de la dissuasion sur laquelle comptait Vauban peut être ? Mais en tout cas les garnisons n’appréciaient pas particulièrement la vie sur l’île Pâté, insalubre, au point que les fréquences de relève durent y être augmentées !

                                    Au-delà de cet aspect « militaire » les terres ont ici porté très tôt blé et céréales, ainsi que des vignes lorsque les Romains les ont introduites dans la région, sur les pentes le long de l’estuaire autour de Bourg et de Blaye.
Il faut rappeler que les vignes ont existé ici avant celles du Médoc (qui n’ont été plantées qu’à partir du 17e – 18e siècle) et qu’elles faisaient le bonheur des nefs anglaises de la flotte du vin qui chaque année venait charger les tonneaux de « claret » dans le « Bourdeu » de la « Guyene » du 13e siècle.
Ce vin, célébré par le poète Ausone à l’époque romaine, longtemps référence pour l’aristocratie locale, en particulier celui de Bourg, subira de plein fouet la concurrence des vins du Médoc après le 17e – 18e siècle : ceux ci surent imposer leur « goût », leur image, leur nom, leur concept de « crus » d’autant que leurs propriétaires étaient le plus souvent des notables, bien introduits, et les terroirs de grande superficie ; les côtes de la rive droite, avec leurs structures restées familiales et leurs terroirs plus morcelés et au relief plus tourmenté ne purent pas rivaliser.
La répartition de ces vignobles aujourd’hui est assez frappante : celui des Côtes de Bourg est concentré sur un assez petit territoire de 14 communes en demi - cercle autour de Bourg où la vigne est omniprésente ; celui de Blaye est près de 3 fois plus grand, sur 40 communes, allant assez vers l’intérieur des terres et « encerclant » presque les Côtes de Bourg… : cela explique l’existence des 3 appellations « Blaye », « Côtes de Blaye » et « 1ère Côtes de Blaye ».

                                                            Le navigateur allant de Bourg à Blaye évitera l'épave piégeuse au bout des pontons de Bourg, laissera sur la gauche l'île basse d'Ambès, la pointe d'Ambès et ses bancs de sable, pour rester dans les zones un peu plus profondes naturellement proches de cette rive droite ; attention toutefois à l'épave de Marmisson et plus loin au banc de Plassac sur la gauche.
Longeant ainsi cette rive il pourra découvrir une bande étroite, entre falaises et eau, Pain de sucre, Tayac, La Reuille, Le Rigalet, Marmisson, Roque de Thau, bande où semble régner un micro climat plus tempéré qu’ailleurs et dont on dit que beaucoup de capitaines au long cours aimaient venir y prendre leur retraite.
Une Vierge des marins placée haut dans la falaise vers Le Rigalet peut inciter à aller exercer les mollets sur sentiers et marches qui escaladent ces hauteurs vers de beaux points de vue.

Au passage le navigateur pourra pousser une étrave curieuse dans les petit ports d’échouage de Roque de Thau ou de Plassac, commune sur laquelle une villa gallo-romaine a été mise à jour en bordure d'estuaire.

Arrivé à Blaye, le ponton n'est est pas très avenant : il a été refait après la tempête de 1999, mais semble avoir été conçu prioritairement pour des grosses navettes touristiques plutôt que pour des petits bateaux de plaisance ; en outre son implantation le met en zone de fort clapot si vent et marées entrent en guerre !

 


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- L'entrée de la Gironde : Les passes de l'estuaire
- Cordouan : Le témoin de l'histoire - L'Aquitaine "Anglaise" et les flottes du vin - Cordouan après les anglais - Cordouan aujourd'hui
- La rive du Médoc : La pointe de Grave, le Verdon, Port Bloc - Du Verdon à Pauillac - Pauillac - Les îles de Pauillac à Ambès
- La rive droite, de Bourg à La Coubre : La rive droite de l'estuaire - De Bourg à Blaye
- De Blaye à Mortagne - De Mortagne à Bonne Anse