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Le plat pays

 

 

 


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Les "ports" du nord médoc

 

 

 

 


Le phare de Richard

 

 


Goulée

 


 

 

 

 


Les médocs


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La côte Médocaine

DU VERDON A PAUILLAC

 

Arrivant de la haute mer et après être venu à bout de l'immensité piégeuse des passes de Cordouan puis avoir franchi le "goulet" entre La Pointe de Grave et Royan, le navigateur voit alors s'ouvrir grand devant lui l'estuaire dans toute son étendue .

Sur sa gauche les vallonnements de la Saintonge, sur sa droite la rive basse du Médoc, à ras de l'eau, séparées l'une de l'autre par 11 à 13 kilomètres d'étendue liquide.

Et bientôt surgies là bas, tout à fait au bout de notre vision, tel un mirage lointain, apparaîtront les premières îles de l'estuaire devant Pauillac, à plus de 30 kilomètres .

Partout ici, comme dans les passes, les eaux sont peu profondes ; sauf en certaines zones, comme la "fosse" devant Le Verdon, la profondeur aux basses eaux est au mieux de 2 à 4 mètres, et partout des hauts fonds aux contours confus affleurent ou émergent à ras de la surface : bancs des Marguerites, de Talais, de Saint Vivien, de Richard....

Seul le chenal de "grande navigation" permet une navigation plus confiante en suivant son balisage qui reste du coté de la rive du Médoc jusqu'à la pointe du Bec d'Ambés, où la Gironde redevient Dordogne et Garonne.

Le plat pays

Après le Verdon aux quais et grues raides de béton et de mécaniques, lieu de débauche d'éclairage la nuit, apparaissent les plats horizons de la rive médocaine devant les communes du Talais, de St Vivien de Médoc, de Jau et Dignac, Valeyrac... dont on distingue au loin les clochers comme autant d'amers ; devant, terres et eaux mélangées forment des étendues peu profondes, à moitié découvertes à marée basse, quelquefois piquetées de perches de bois...

Les "palus", marais asséchés et drainés ou les "mattes", terres basses endiguées gagnées sur l'estuaire, prairies frangées de roseaux, prolongées par un estran vaseux, mettent la côte réelle, celle où il y a un peu plus de hauteur et les clochers des villages, à plusieurs kilomètres : la rive de ce Nord Médoc s'apparente par endroits à la Camargue !

Les huitres et la pisciculture

Cela a été là autrefois le royaume de l'huître ; d'abord l'huître sauvage plate, déjà célébrée au temps des romains par le poète Ausone, puis l'huître creuse portugaise implantée là par hasard vers 1868, à la suite dit-on, du rejet à l'eau par le navire le "Morlaisien", alors qu'il cherchait abri du mauvais temps, d'une cargaison qu'il croyait devenue avariée.

Les "ruches" ou "crassats", gisements naturels dans lesquels ces huitres ont prospéré, couvrirent, organisés en parcs et concessions, jusqu'à 672 hectares en 1968, en faisant la première exploitation francaise ; mais la surexploitation puis la maladie ainsi que l'édification des terre-pleins du Verdon vinrent hélas à bout, à partir des années 1970, de cette activité ostréicole : les vestiges des anciens parcs apparaissent, de ci, de là...

De plus aujourd'hui dans l'estuaire, la récolte des coquillages et donc des huîtres n'est pas autorisée : en effet les fines particules organiques et minérales du "bouchon vaseux" en suspension dans l'estuaire sont porteuses de cadmium, métal toxique amené en quantité importante jusqu'en 1985 par les eaux du Lot depuis le bassin industriel de Decazeville, qui est malheureusement fixé et concentré par les huîtres et moules, ce qui les rend nocives en cas de consommation régulière.

Crevettes, grosses "gambas" ou petites "esquires" ne présentant pas cet inconvénient, quelques fermes aquacoles se sont montées dans ce secteur autour de bassins d'anciens marais salants, en particulier à Talais, à Saint Vivien du Médoc ; l'association Curuma (Centre d'Initiation à l'Environnement Maritime et de Promotion des Activités Aquacoles) s'est appuyée sur celles ci pour venir récemment s'installer dans le marais du Conseiller.

Les ports du Nord Médoc

Le marin, au fur et à mesure de son avancée, découvre de ci de là, débouchant des roseaux , un estey dont l'accès est signalé quelquefois par un simple branchage émergeant du fond de l'eau ; fermé un peu plus loin dans les mattes par une écluse protectrice, quelques barques des gens de l'estuaire y sont mouillées ou gisent dans la vase par marée basse : c'est là un "port" tel que cette rive du médoc en est parsemée, plus ou moins larges, plus ou moins profonds, mais tous témoins d'une vie, passée ou encore présente, marquée par la "rivière" : port de Neyran, de Talais, de Saint Vivien, de Richard, de Goulée, de la Maréchale....

Aujourd'hui souvent à moitié déserts, vaguement animés par quelques pécheurs, chasseurs, plaisanciers locaux ou touristes, avec des baraques ostréicoles ou des carrelets transformés en résidences secondaires, ils faut les imaginer grouillant autrefois de vie, remplis de gabares et couraux.

Entrant ou sortant de ces ports, ou simplement passant devant, ces bateaux autrefois devaient être attentifs : pendant très longtemps pas de chenal dragué et signalé au milieu des bancs de sable se formant et se défaisant à faible profondeur au gré des marées .

Ainsi en particulier le banc de Richard qui, devant les "ports" de Richard et de Goulée, s'étale sur plus de 5 km, et fut pendant des siècles la bête noire des navigateurs en cet endroit où l'estuaire faisait près de 20 kilomètres de large avant la conquête des terres basses sur l'eau au 17ième siècle.

Sur cette immensité plate, où tout amer est bienvenu pour se positionner, les marins se servaient autrefois d'un immense peuplier, "l'arbre de Richard", planté sur la berge peut être dans cette intention ; abattu par une tempête au début du 19ième siècle, il sera remplacé par un phare, puis une tour métallique, puis aujourd'hui converti en site touristique avec une "reproduction" .
Un marégraphe est positionné aujourd'hui à hauteur du site.

Juste après Richard, on trouve le port de Goulée, certainement le "port" le plus remarquable sur cette partie nord de la rive médocaine de l'estuaire : s'enfonçant assez en avant dans les "terres" par un chenal serpentant au milieu des roseaux, certains pensent qu'il était, vers le début de notre ère et pendant longtemps, en communication avec l'océan, directe d'abord, puis par le chenal de Gua, le havre de Anchise et les marais avant leur assèchement.

Il sera en tout cas pendant des siècles un lieu important de trafic fluvial et reste aujourd'hui le plus grand de ces havres d'échouage de petits bateaux de pêche et de plaisance.

Après le port de Goulée et la butte de Valeyrac les mattes disparaissent, l'estuaire oblique vers le sud-est et le chenal de grande navigation se rapproche de la rive, laissant au large les proches dangers de la "chaussée" sous marine de Valeyrac puis, plus loin du banc de St Estèphe.

L'œil du navigateur détaille mieux l'alternance des palus, terres basses où se trouvent les ports, et des terres hautes (10 à 20 mètres d'altitude !), croupes alluvionnaires portant villages, églises, châteaux, tours et vignobles.

Défilent alors la butte de la "Tour de by", qui doit son nom à une vieille tour qui servit de moulin et de phare sur l'estuaire, le port de By, puis Saint Christoly du Médoc avec son joli port flanqué d'un ancien batiment de la douane et dont les hauteurs portent la "Tour de Saint Bonnet" et son cru.
Les ruines de la tour de Castillon, vestiges de la forteresse rasée sur ordre de Louis XIII et bastion avancé de la défense maritime de Bordeaux, devant laquelle de nombreuses batailles navales se déroulèrent à l'époque de l'occupation anglaise, montre l'intérêt stratégique autrefois de cette hauteur.

Un peu plus loin on passe devant le port de Laména et son marégraphe contemporain devant les hauteurs de St Yzans de Médoc sur lesquelles quatre tourelles éparses semblent veiller sur le magnifique château rose de Loudenne, posté sur sa butte alluvionnaire.

Puis vient le port de La Maréchale, précédant les hauteurs de Cadourne et Saint Seurin de Cadourne, avant de passer devant les palus où l'Estey d'Un, au nom curieux, conduit par le chenal de La Calupeyre jusqu'au site gallo-romain de Brion, et on arrive au port de la Chapelle au pied de St Estèphe .

Les vins

A partir d'ici, et jusqu'à Pauillac, les palus étroits laissent voir des noms de rêve se succéder face à l'estuaire sur les croupes de faible hauteur : château Phélan-Ségur, chateau Meyney, château Montrose, tous trois sur d'appellation St Estephe, puis le village de Marbuzet .

Après le chenal du Lazaret, c'est le terroir du Pauillac : un peu en retrait se devinent les châteaux Lafite Rothschild, Mouton Rothschild, Mouton Baron Philippe, château Pontet Canet ...

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- L'entrée de la Gironde : Les passes de l'estuaire
- Cordouan : Le témoin de l'histoire - L'Aquitaine "Anglaise" et les flottes du vin - Cordouan après les anglais - Cordouan aujourd'hui
- La rive du Médoc : La pointe de Grave, le Verdon, Port Bloc - Du Verdon à Pauillac - Pauillac - Les îles de Pauillac à Ambès
- La rive droite, de Bourg à La Coubre : La rive droite de l'estuaire - De Bourg à Blaye
- De Blaye à Mortagne - De Mortagne à Bonne Anse