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LES
PASSES DE L'ESTUAIRE
Le navigateur arrivant
du large découvre une Gironde s'étalant à perte de vue d'un horizon
à l'autre dans son union avec l'océan : recouvrant le plateau rocheux
de Cordouan, elle longe les plages et dunes sableuses de la Charente
Maritime au Nord, du Médoc au Sud, avant de se fondre dans les eaux
océanes
Cette vaste étendue
aux couleurs changeantes, magique sous le soleil et par beau temps,
recèle pourtant bien des dangers pour le marin : l'îlot rocheux de Cordouan
dont une partie seulement émerge à marée basse, garde caché ses contours
qui, à faible profondeur, rivalisent avec les nombreux bancs de sable
accumulés par les courants pour inquiéter le navigateur.
Les nombreuses épaves
ensablées figurant sur les cartes marines témoignent du nombre de marins
tombés dans les pièges des bancs du Matelier, du Chevrier, de la Coubre,
de la Mauvaise...
Il faut se représenter
les forces développées par ces eaux en mouvement où des masses
liquides énormes s'affrontent : ainsi durant les 6 heures de
flux (marée montante) 300 à 600 milliards de mètres cubes
d'eau de mer entrent dans l'estuaire, alors que veulent en sortir 20
à 50 milliards de mètres cubes d'eau douce (voir EPOC
- Bx3)
Ces eaux si belles
peuvent donner naissance, pour peu que les vents se lèvent et s'opposent
aux courants ( jusqu'à plus de 5 noeuds), à un clapot dur, court
et haché, désagréable et parfois impressionnant.
Et si le vent du large amène sa longue houle formée sur
des milles et des milles, danger ! car alors à l'approche des
hauts fonds celle ci se gonfle, se dresse et fait courir des collines
d'eau dont toute la puissance ne demande qu'à mettre en travers
et retourner les bateaux sur son chemin, donnant la mort avant d'aller
se briser sur les "battures" rocheuses de Cordouan et sur
les bancs dans un vacarme permanent.
Entre les bancs et
Cordouan, deux "passes" peuvent être pratiquées par les
bateaux entrant ou sortant de la Gironde :
- La passe sud ou passe de Grave, peu profonde, aux balises peu nombreuses
et non éclairées, ne peut être pratiquée que par
des petits bateaux de pêche ou de plaisance ; elle est déconseillée
de nuit, malgré la présence des nombreux phares , encore
plus par mauvais temps et houle établie !
- La Grande Passe de l'ouest près de la pointe de la Coubre, aux balises
nombreuses et éclairées est empruntée obligatoirement
par les cargos et paquebots arrivant sur l'estuaire (voir PAB).
Ceux ci, 12 heures avant d'arriver à la bouée d'atterrissage de la Gironde
(bouée "d'eaux saines" BXA) située au large de l'estuaire (à une trentaine
de kilomètres du Verdon), doivent prendre contact par radio avec la
capitainerie du port autonome de Bordeaux située à Bassens,
près de Bordeaux.
Dans cette capitainerie du PAB les officiers de port peuvent surveiller
tous les navires de l'estuaire entre la bouée BXA et Bordeaux,
grâce aux images du radar installé à La Palmyre
, l'un des plus puissant et des plus moderne d'Europe !
Pour le franchissement des passes (de la bouée BXA à la
balise 13, proche du Verdon) si le bateau fait moins de 120 mètres et
s'il fait beau, ils peuvent autoriser un pilotage à distance
du navire, effectué par un pilote depuis le centre de pilotage
du Verdon relié lui aussi au radar de La Palmyre ; le pilote
assure alors le suivi du navire sur son écran et lui fournit
conseil et assistance par radio.
Si ce pilotage à distance n'est pas possible (longueur du navire,
chargement dangereux, mauvais temps, ...) un pilote rejoindra le bateau
à la bouée BXA, quelles que soient les conditions : basé
au Verdon, il utilisera pour cela une vedette rapide ou un hélicoptère
et le guidera alors dans la passe tout le long du chenal de "grande
navigation".
Balisé (
200 balises entretenues par le service des Phares et Balises du ministère
de l'équipement ), large de 150 mètres au moins, ce chenal est
dragué continuellement jusqu'à Bordeaux, 130 kilomètres plus loin, par
le Port Autonome de Bordeaux, à une profondeur moyenne de 7 mètres pour
les plus basses eaux (soit environ 11 à 12 mètres à marée haute).
La remontée commence
avec la marée (voir PAB) montante, le "flot" : le pilote
"de mer" guide le bateau sur les 18 miles jusqu'au Verdon, relayé à
partir de là par un pilote de "rivière" jusqu'à Bordeaux 50 milles plus
loin.
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