Les pilotes de la Gironde

Les pilotines
En arrière le phare de pointe de grave

Les pilotines
En arrière le bac et au loin Royan

Les Pilotes travaillent aujourd'hui au sein d'une profession organisée et réglementée : ils ne sont agréés que pour un port ou une rivière, après avoir été retenus par concours ouvert aux seuls commandants de la marine marchande d'ancienneté suffisante .

Présente depuis très longtemps sur la Gironde sous une forme occasionnelle, la "pratique" du pilotage s'était transformée vers le 16ième siècle lorsque les navires ont commencé à grossir et l'obligation de pilotage remonte à l'édit de 1551 pris sous le règne d'Henri II .

Se livrant autrefois une concurrence féroce, ils allaient, regroupés à 3 ou 4 sur des chaloupes puis sur des cotres à voiles de 12 à 15 mètres de long, "chasser" les clients très loin vers Ouessant ou vers l'Espagne, ce qui n'allait pas sans risques puisque à la fin du 18ième siècle on a pu compter une moyenne de 15 disparus par an .

Aujourd'hui cette lutte fratricide n'existe plus, les 21 pilotes de la Gironde sont regroupés dans un syndicat où chacun doit financer sa part de copropriété des biens communs (3 vedettes, 1 hélicoptère, la base opérationnelle de Port Bloc, le siège administratif à Bassens) ; ils travaillent en profession libérale pour le compte du port autonome de Bordeaux sous le contrôle des affaires maritimes qui fixe les taxes de pilotage prélevées auprès des armateurs ou affréteurs.

 



Le site des pilotes de la Gironde, avec vidéos

 


Le pilote de la rivière de Bordeaux en 1792

Un pilote doit avoir un physique sain et au moins supportable et, en style de métier, il doit avoir du COMMANDEMENT.....
La loi n'a pas pourvu à ce point ; un nain infect, à figure ridicule, à voix éteinte, à oreille paresseuse, à vue faible ou fausse, peut se présenter la loi ne l'exclut pas .... il convient donc de réclamer sur le silence du législateur à l'égard du physique
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Un pilote doit avoir la tête saine, le coeur haut, l'âme fière et généreuse.
Il a bien d'autres ennemis que les rafales et les tourbillons de vent, les changements et tournoyements de courants, les hauts fonds inopinés, les lames de fonds, les brouillars, les balises renversées, les bouées enlevées ou déplacées, etc..... le législateur est un père qui place des barrières devant les précipices, il doit prévoir tout, or il n'a pris aucune précaution contre les vices de l'humanité......et doit dire, exiger, s'assurer encore qu'un pilote sera sôbre, vigilant, infatiguable et armé contre toute séduction
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Le pilote doit être grand maoeuvrier, voir le remède aussitôt que le mal, manier un vaisseau de plus de 100 pieds de quille, comme une chaloupe de 20
L'arrêter, le faire culer et tourner sur lui même, tenir à la voile jusqu'à démater, tenir à l'ancre jusques à rompre un, deux trois cables, inventer des ressources locales, enfin oser commander de petits, de grands sacrifices pour éviter une perte totale et périr plutôt soi même que d'abandonner un navire qui a des ressources et sur-tout plutôt que d'abandonner un équipage ; tel est le service d'un pilote.

Plassan, homme de loi - 1792