Le commerce triangulaire des négriers

L’île de Gorée, au large de Dakar, est un lieu symbolique de l’esclavage en Afrique
L'ile de Gorée sur Wikipédia


Le commerce triangulaire

                    Partis de Lisbonne, Nantes, Bordeaux, La Rochelle, Nantes ... les navires longeaient les côtes africaines et échangeaient leur pacotille contre des esclaves.
Si des blancs ou des métis servirent d’intermédiaires avec les marchands, ce furent les chefs africains qui se livrèrent à la chasse aux esclaves, souvent à travers des guerres tribales dont l'objectif était de capturer et vendre le maximum de captifs de l'ethnie rivale.

                   Les futurs esclaves étaient ensuite transférés après inspection de leur état de santé dans des ports de transit dont Gorée est un des exemples. La maison des esclaves servait à enfermer les prisonniers avant que l’on vienne les chercher.

S’ils étaient trop maigres, on les faisait engraisser, on les « blanchissait », afin d’améliorer leur valeur marchande.

                        Les cales pleines, les navires négriers mettaient le cap sur les Amériques. Jusqu’à six cent esclaves pouvaient s’entasser dans les soutes. La journée, seuls les femmes et les enfants avaient le droit de sortir. De temps en temps, on les arrosait et les faisait danser pour les maintenir en vie.

Après plusieurs mois de voyage pénible, les esclaves etaient vendus et remplacés dans les cales par du sucre et autres produits tropicaux. Dix-huit mois plus tard, les navires étaient de retour en Europe. Dans ce commerce triangulaire, les armateurs réalisaient de très solides bénéfices.

L’abolition de l’esclavage

En France, l’esclavage fut aboli par la Révolution française en 1794 mais fut rétabli par l’Empire en 1802. En 1833, l’Angleterre fut la première à émanciper ses esclaves. Il faudra attendre 1848, pour que la France suive son exemple.

                       La traite négrière atlantique constitue un événement fondamental de l’histoire du continent africain. Au cours de ces trois siècles de traite intensive (de 1550 à 1850) on estime que 20 à 100 millions d’Africains furent déportés, sachant que 65% à 80% d’entre eux mourraient à un moment ou à un autre de leur calvaire.
Les conséquences démographiques pour l’Afrique furent donc aigues, la traite ayant interrompu la croissance démographique pendant deux siècles ; par ailleurs les guerres de "chasse aux esclaves" ont généré de profonds bouleversements politiques locaux.

 

Le trafic négrier de Bordeaux

sur le site du Conservatoire de la Gironde

Depuis le 10 mai 2009, date de la journée nationale de commémoration de l'abolition de l'esclavage, le Musée d'Aquitaine présente un nouvel espace permanent consacré à l'esclavage. Des nouvelles salles destinées à montrer comment la traite négrière et l'esclavage ont assuré une part de la prospérité de tous les ports d'Europe de l'ouest pendant près de deux siècles et notamment de celui de la ville de Bordeaux.

Reportage vidéo (2' 46") au musée d'Aquitaine